Ce qu’est la modification du bois, et ce qu’elle n’est pas
La modification du bois transforme la paroi cellulaire du bois lui-même, de sorte qu’il absorbe moins d’eau et ne nourrit plus les champignons. C’est ce qui la distingue du traitement de préservation, qui ajoute un biocide devant rester dans le bois pour agir. Une planche modifiée peut être sciée, rabotée et profilée sans mettre à nu un cœur non traité, car la transformation touche toute la section.1,2
Trois familles de procédés existent sur le marché. La modification thermique n’utilise que la chaleur et domine de loin. L’acétylation fait réagir le bois avec de l’anhydride acétique, et la furfurylation remplit les parois cellulaires d’une résine à base d’alcool furfurylique. En Europe, le bois modifié thermiquement (TMT) est décrit par la CEN/TS 15679, une spécification technique qui définit le produit et ses caractéristiques pour des usages intérieurs et extérieurs comme le bardage, le parquet, les terrasses, la menuiserie et le meuble. En octobre 2026, il s’agit toujours d’une spécification technique de 2007 et non d’une norme EN à part entière, et elle renvoie les usages porteurs aux normes structurales.5
Comment fonctionne la modification thermique : chaleur, vapeur et très peu d’oxygène
Tous les procédés thermiques chauffent le bois bien au-delà des températures de séchage en tenant l’oxygène à l’écart, de sorte que le bois se transforme chimiquement sans brûler. La revue de Sandberg, Kutnar et Mantanis situe la plage de travail au-dessus de 160 °C et classe les procédés industriels selon la température, la durée et le milieu qui protège le bois.1
- ThermoWood (Finlande) : 185–215 °C sous flux continu de vapeur à pression atmosphérique, 30 à 70 heures chauffe et refroidissement compris.
- Plato (Pays-Bas) : une étape hydrothermique à 150–180 °C sous vapeur saturée, suivie d’une cuisson à 170–190 °C sous air chaud.
- Rétification et Le Bois Perdure (France) : 160–240 °C sous azote avec au plus 2 % d’oxygène, ou 200–230 °C sous vapeur.
- Traitement thermique à l’huile (Allemagne) : 180–220 °C dans de l’huile végétale chaude.
- Thermo-vide (Italie) : 160–220 °C sous pression réduite.
Le procédé ThermoWood en trois phases
ThermoWood est le procédé le mieux documenté ; il sert donc d’exemple ici. En phase 1, l’enceinte est chauffée rapidement à 100 °C, puis progressivement jusqu’à la température de traitement ; le bois sèche jusqu’à une humidité nulle en chemin. En phase 2, la température est maintenue, à 212 °C pour les résineux nordiques en classe Thermo-D. En phase 3, des pulvérisations d’eau refroidissent la charge et la vapeur ramène l’humidité à 4–7 %, ce qui rend le bois de nouveau usinable. Un système de pilotage limite les paliers de température pour éviter que le bois ne se fende, avec des réglages propres à chaque essence et à chaque dimension.2
ThermoWood comporte deux classes de produits. Thermo-S (stabilité) traite les résineux à 190 °C et les feuillus à 185 °C. Thermo-D (durabilité) traite les résineux et les feuillus frêne, ayous et frake à 212 °C, chacun à ±3 °C près.2

Ce que la chaleur fait à la paroi cellulaire
Le bois se compose de cellulose (40–50 %), d’hémicelluloses (25–35 %), de lignine (20–30 %) et de quelques pour cent d’extractibles. Les hémicelluloses se dégradent les premières, entre 200 et 260 °C ; la cellulose entre 240 et 350 °C. Pendant la chauffe, de l’acide acétique se forme à partir des hémicelluloses et accélère leur dégradation. Il en résulte une paroi cellulaire comportant moins de groupes hydroxyles qui absorbent l’eau et moins de la matière dont se nourrissent les champignons lignivores. Les feuillus contiennent plus d’hémicelluloses que les résineux et réagissent donc plus facilement.2
La même chimie abaisse le pH. Le ThermoWood mesure environ pH 4, contre 4,5 à 5 pour le bois non traité. Cela compte pour les finitions et les fixations métalliques, comme l’explique la section sur la mise en œuvre du bois modifié.2
Ce qui change : humidité, mouvements, couleur et poids
Le principal avantage est une moindre reprise d’humidité. En moyenne, la modification thermique divise environ par deux l’humidité d’équilibre, c’est-à-dire le niveau d’humidité auquel le bois se stabilise dans un climat donné, et réduit d’autant le gonflement et le retrait.1 Des mesures du VTT sur de l’épicéa traité à 220 °C ont montré une humidité d’équilibre divisée par deux, l’écart se creusant aux humidités élevées. Comme les champignons lignivores ont besoin d’une humidité du bois supérieure à environ 20 %, les producteurs soulignent que le bois modifié thermiquement reste nettement en dessous de ce seuil quelle que soit l’humidité de l’air.2
D’autres changements découlent du même procédé.
- Plus léger. La perte de masse peut atteindre environ 20 %, selon le procédé.1 Dans les essais ThermoWood, le frêne est passé de 625 kg/m³ à 554 kg/m³ en classe Thermo-D.2
- Plus petit. Une planche nominale de 25 × 125 mm ressort environ 3 % plus petite, à 24 × 121 mm, car le bois est séché presque à zéro.2
- Brun à cœur. La couleur traverse toute la planche, si bien qu’une surface rabotée ou sciée est identique à la face. Au soleil, les planches non protégées grisent comme n’importe quel bois.2
- Plus isolant. Les résineux nordiques modifiés thermiquement conduisent la chaleur 20 à 25 % moins que le bois non traité.2
- Une odeur, mais moins d’émissions. Le bois traité a une odeur de fumée. Le VTT a mesuré des composés organiques volatils totaux de 1 486 µg/m²h pour le pin non traité, 828 après traitement à 180 °C et 235 après traitement à 230 °C.2
Ce que cela coûte en résistance
La chaleur qui élimine les hémicelluloses rend aussi le bois plus cassant. La littérature de synthèse s’accorde sur le sens : la résistance à la flexion baisse, la rigidité change peu, et la résistance au choc et la dureté diminuent.1 Le manuel ThermoWood donne des chiffres pour le frêne, mesurés sur de petites éprouvettes sans défaut selon la DIN 52186. Le frêne non traité avait une résistance à la flexion de 112 N/mm². Après traitement Thermo-S, elle était de 106,9 N/mm², après Thermo-D de 90,6 N/mm², et après traitement à 220 °C de 75,9 N/mm². Le module d’élasticité est resté égal ou légèrement supérieur à la valeur du bois non traité.2
Voir les données
| Thermo-S (185 °C) | Thermo-D (212 °C) | 220 °C | |
|---|---|---|---|
| Masse volumique | 90 % | 89 % | 84 % |
| Résistance à la flexion | 95 % | 81 % | 68 % |
| Module d’élasticité | 112 % | 110 % | 107 % |
| Dureté Brinell (radiale) | 88 % | 79 % | 73 % |
Référence non traitée : 625 kg/m³, résistance à la flexion de 112,0 N/mm², module d’élasticité de 12 056 N/mm², dureté Brinell de 35,13 N/mm². Source: International ThermoWood Association (2021), ThermoWood Handbook, tableaux 5, 6 et 9 (flexion et rigidité selon la DIN 52186 sur éprouvettes de 20 × 20 × 360 mm ; dureté selon l’EN 1534).
D’autres résistances baissent davantage. Dans des essais rapportés par les producteurs, la résistance à la flexion dynamique (choc) de l’épicéa traité à 220 °C a chuté d’environ 25 %, et la résistance au fendage de l’épicéa, du pin et du bouleau de 30 à 40 %. La résistance au cisaillement a baissé jusqu’à 40 % après un traitement à 230 °C. La résistance à la compression parallèle au fil, en revanche, n’a pas diminué.2
La règle pratique est claire. Le ThermoWood n’est pas vendu comme bois classé pour la résistance, et ses producteurs indiquent qu’il ne doit pas être utilisé pour des structures porteuses.2 Une étude suisse sur du hêtre modifié thermiquement de production industrielle est arrivée à une conclusion semblable : la plupart des résistances baissaient nettement alors que la rigidité ne baissait pas, le matériau rompait de façon fragile avec une forte dispersion, et les auteurs ne recommandaient pas le hêtre fortement modifié pour un usage structural général.6 Pour les pièces de meuble, cela signifie des sections généreuses, de la prudence avec les tenons minces et le fil court, et pas de bois thermo dans les pièces qui subissent des chocs, comme les pieds de chaise.
Durabilité : de la classe 5 à la classe 2 de l’EN 350
L’EN 350 classe la durabilité naturelle du bois vis-à-vis des champignons lignivores en cinq classes, de 1 (très durable) à 5 (non durable). Les essais de laboratoire qui la sous-tendent comprennent la CEN/TS 15083-1 pour les basidiomycètes lignivores et la CEN/TS 15083-2 pour les champignons de pourriture molle dans le sol.7 L’EN 335 définit les classes d’emploi, de 1 (intérieur, sec) à 5 (en eau de mer).8
Le frêne et le hêtre non traités sont en classe 5. Le manuel ThermoWood place le frêne, le pin et l’épicéa Thermo-D en classe de durabilité 2, adaptée à la classe d’emploi 3 : à l’extérieur, exposé aux intempéries mais sans contact avec le sol, comme pour le bardage et les aménagements de jardin. Les produits Thermo-S se situent en classe 3, pour un usage sous abri, comme les saunas et le mobilier extérieur couvert. Le manuel ne recommande aucun produit ThermoWood pour un contact direct avec le sol ou l’eau.2
La recherche indépendante montre à quel point tout dépend de l’intensité du traitement. Dans une étude française sur le frêne (Fraxinus excelsior) modifié à 170–228 °C, seuls les traitements au-delà de 215 °C, avec environ 20 % de perte de masse, ont atteint « durable » ou « très durable » dans un essai en terre. Les essais de laboratoire avec des champignons de pourriture ont donné des classes légèrement meilleures que l’essai en terre, et aucun traitement n’a protégé le frêne contre les termites.9 Pour un acheteur, cela signifie qu’une allégation de durabilité ne vaut que par le niveau de traitement et l’essai qui la fondent.
Face aux insectes courants en Europe, les producteurs font état d’une bonne résistance : les essais ont montré le ThermoWood résistant aux capricornes, à la petite vrillette et au lyctus Lyctus brunneus.2
Frêne thermo, hêtre thermo ou chêne thermo ?
Tous les feuillus ne gagnent pas autant à la chaleur. Le frêne est le feuillu le plus souvent modifié thermiquement en Europe. Sa structure ouverte prend le traitement de manière homogène, la couleur brune lui va bien, et notre guide du bois de frêne explique pourquoi le frêne non traité doit rester à l’intérieur. Le manuel ThermoWood cite le frêne dans les deux classes et donne pour lui les données de propriétés les plus complètes.2
Le hêtre est un candidat parce qu’il est abondant et bon marché, et non traité il est en classe 5, comme l’explique notre guide du bois de hêtre. Sa forte teneur en hémicelluloses le fait réagir fortement, et l’étude structurale citée plus haut montre à quel point le hêtre fortement traité devient cassant.6 Le hêtre thermo convient aux terrasses, au bardage et aux accessoires où les marges de résistance sont larges ; c’est le mauvais matériau pour les pièces structurales ou soumises à des chocs.
Le bois de cœur du chêne est déjà durable sans traitement. La chaleur modifie sa couleur et sa stabilité, mais le gain de durabilité compte moins que pour le frêne ou le hêtre, et les données ThermoWood publiées ne couvrent pas le chêne. Si vous achetez du chêne thermo, demandez ce que le traitement doit apporter et sur quel essai repose la classe annoncée.

Le bois acétylé : Accoya
L’acétylation fait réagir le bois avec de l’anhydride acétique, qui remplace les groupes hydroxyles hydrophiles de la paroi cellulaire par des groupes acétyles et laisse de l’acide acétique comme sous-produit. Accoya, le principal produit commercial, atteint un gain de masse en acétyles d’environ 20 %, et le gonflement et le retrait baissent de 70 à 80 % par rapport au bois non traité. Les essences utilisées sont le pin radiata et l’aulne.1
La fiche technique du fabricant pour l’Accoya en pin radiata donne les valeurs suivantes :3
- Durabilité : classe 1 de l’EN 350. Le fabricant indique que la classe 1 a été atteinte aussi bien dans l’essai de laboratoire court que dans les essais de terrain de longue durée.3,10
- Humidité : humidité d’équilibre de 3 à 5 % à 65 % d’humidité relative et 20 °C.
- Mouvements : de l’état saturé à l’état anhydre, 0,7 % en radial et 1,5 % en tangentiel. Le même guide indique 3,4 % et 7,9 % pour le pin radiata non traité.3,10
- Masse volumique : 510 kg/m³ en moyenne, dans une plage de 400 à 600 kg/m³.
- Résistance : la qualité A1 est classée C22 et la A2 C16 ; contrairement au ThermoWood, l’Accoya classé peut donc être utilisé en structure.
- Garantie : 50 ans hors sol, 25 ans en contact avec le sol et l’eau douce.10
L’Accoya contient un peu d’acide acétique résiduel, au plus 1,0 % en moyenne selon le contrôle qualité du fabricant, et le bois humide a un pH de 4 à 5,5. Le fabricant recommande des fixations en acier inoxydable selon l’EN 10088-1, comme A2 ou A4, et indique que l’acier galvanisé et les alliages de zinc ne résistent pas à la corrosion à son contact. Pour le collage, les colles PU, EPI, époxy et PRF donnent les meilleurs résultats, les résultats avec la PVAc varient fortement, et la MUF est à éviter.3,10
Le bois furfurylé : Kebony
La furfurylation imprègne le bois d’alcool furfurylique, un liquide produit à partir de déchets agricoles comme la canne à sucre et les rafles de maïs, puis le polymérise à l’intérieur de la paroi cellulaire. À un taux modéré de 30 à 35 % de gain de masse, le bois atteint la classe de durabilité 1. Il devient plus dur et plus rigide, mais aussi plus cassant, avec une résistance au choc plus faible.1
La fiche technique du Kebony Clear, en pin radiata, le compare au bois non traité : masse volumique de 670 contre 480 kg/m³, dureté Brinell de 4,2 contre 2,5, gonflement tangentiel maximal de l’état sec à l’état humide de 4 % contre 8 %, et classe de durabilité 1 contre 5, pour la classe d’emploi 3 hors sol.4 Le Kebony Character est fabriqué en pin sylvestre et contient du bois de cœur non traité. Son aubier atteint la classe 1–2, son bois de cœur reste en classe 3, et le fabricant déconseille de le refendre ou de l’usiner davantage, car cela met à nu du bois non traité.11
| Modifié thermiquement (ThermoWood Thermo-D) | Acétylé (Accoya) | Furfurylé (Kebony Clear) | |
|---|---|---|---|
| Procédé | Chaleur à 212 °C sous vapeur, sans produit chimique | Réaction avec l’anhydride acétique | Imprégnation d’alcool furfurylique, polymérisé dans le bois |
| Essences | Pin, épicéa, frêne, ayous, frake | Pin radiata | Pin radiata |
| Classe de durabilité EN 350 | 2 | 1 | 1 |
| Masse volumique | Inférieure au bois non traité (frêne : 554 contre 625 kg/m³) | 510 kg/m³ en moyenne | 670 kg/m³ (non traité : 480) |
| Mouvements | Humidité d’équilibre environ divisée par deux | De l’état saturé à l’état anhydre : 0,7 % en radial, 1,5 % en tangentiel | Gonflement tangentiel max. de 4 % (non traité : 8 %) |
| Résistance | Plus faible ; pas d’usage porteur | Classé A1 = C22, A2 = C16 | Plus dur, mais plus cassant |
| Fixations | Résistantes aux acides ou en acier inoxydable | Acier inoxydable A2 ou A4 | Selon les prescriptions du producteur |
Source: International ThermoWood Association (2021), ThermoWood Handbook ; Accsys (2020), fiche technique Accoya et Wood Information Guide V3.9 ; Kebony Norge (2022), fiche produit Kebony Clear ; Sandberg, Kutnar & Mantanis (2017).
Où l’on utilise le bois modifié, et où on ne l’utilise pas
Le manuel ThermoWood cite le lambris intérieur, les sols, les agencements, le meuble et les pièces humides intérieures comme usages pour toutes les classes. Le Thermo-D y ajoute le bardage extérieur, les terrasses et platelages, le mobilier de jardin, les volets extérieurs, les clôtures et les pergolas.2 Les épaisseurs minimales recommandées sont de 19 mm pour le bardage extérieur, 26 mm pour les lames de terrasse, 14 mm pour le lambris intérieur et 26 mm pour les lames de plancher.2
- Le bardage et les terrasses sont le marché principal. Notre article sur le bardage et le lambris en bois traite des façades ventilées et explique pourquoi une planche traitée thermiquement a besoin de son propre classement au feu.
- Les saunas utilisent des planches Thermo-S ; le manuel recommande une huile minérale pour les parois, les plafonds et les bancs de sauna.2
- Les fenêtres et les portes profitent des faibles mouvements et de la conductivité thermique plus basse. Pour les cadres porteurs, seul un matériau classé pour la résistance, comme l’Accoya classé, convient.2,3
- Ne conviennent pas : les éléments structuraux en ThermoWood, le contact avec le sol et l’eau en ThermoWood, et toute pièce qui doit absorber des chocs.2

La modification ne rend pas le bois résistant au feu. L’Accoya est en Euroclasse D, comme la plupart des résineux.3 Avec un traitement ignifuge, le ThermoWood peut atteindre la classe C ou B, au mieux B-s1,d0.2
Mettre en œuvre le bois modifié thermiquement : usinage, collage, finition et fixation
Usinage et stockage
Le bois thermo s’usine comme un feuillu dur et cassant. Des lames de scie à denture fine limitent les éclats, les rouleaux d’entraînement de la raboteuse demandent une pression plus faible, et le fraisage à contre-fil arrache facilement. La poussière est fine et sèche : l’aspiration doit être efficace et le port d’un masque respiratoire est obligatoire.2 Stockez les planches au sec, à plat et hors sol, et laissez-leur le temps d’atteindre l’humidité du lieu où elles seront posées : quelques jours à l’intérieur, des semaines ou des mois à l’extérieur en hiver.2
Collage
Le bois modifié thermiquement absorbe l’eau lentement. Avec les colles PVAc, la teneur en eau de la colle doit rester faible, et les temps de pressage et de séchage peuvent devoir être allongés. Les colles PU monocomposant durcissent avec l’humidité : un bois thermo très sec peut donc nécessiter d’humidifier ses surfaces. Les colles résorcine (RF) et EPI ont aussi donné de bons résultats.2 Notre guide des colles à bois traite ces familles de colles en détail.
Finition
Les faibles mouvements aident les finitions à durer, mais l’acidité et la faible absorption font que certaines finitions, notamment certaines en phase aqueuse, adhèrent mal. Un ponçage au grain P100 ou un brossage de la surface peut améliorer l’adhérence. Le manuel déconseille l’huile de lin, qui peut favoriser le développement de champignons, et recommande de sceller les bouts coupés.2 Notre comparaison des finitions à l’huile et au vernis présente les options pour les feuillus non traités.
Fixations
Comme le bois est acide, le manuel ThermoWood préconise des fixations résistantes aux acides ou en acier inoxydable. La tenue des vis dépend davantage de la masse volumique que du traitement, et dans le matériau plus léger des avant-trous plus petits ont donné de meilleurs résultats.2 Pour le bois acétylé, les règles du fabricant sont plus strictes, comme décrit plus haut.10

Le marché : quelle quantité de bois modifié est produite
Une revue de 2020 estimait la production mondiale de bois modifié thermiquement à 1,11 million de m³ par an, celle de bois acétylé à 120 000 m³ et celle de bois furfurylé à 45 000 m³, plus environ 330 000 m³ issus de procédés à base de résine et d’autres procédés : environ 1,6 million de m³ au total, selon notre somme.12
Les membres de l’International ThermoWood Association publient leur production chaque année. Elle est passée de 18 799 m³ en 2001 à 312 267 m³ en 2025, soit 9,5 % de plus qu’en 2024. En 2025, 74 % sont allés vers des pays de l’UE autres que la Finlande, 94 % ont été produits en classe Thermo-D, et le pin et l’épicéa représentaient 84 % de la matière première. Les autres essences, dont le frêne, l’ayous et le frake, représentaient 47 465 m³ ; le frêne comptait pour un quart de ce groupe.13
Voir les données
| Année | Production de ThermoWood |
|---|---|
| 2001 | 18 799 m³ |
| 2002 | 24 605 m³ |
| 2003 | 25 797 m³ |
| 2004 | 34 968 m³ |
| 2005 | 41 607 m³ |
| 2006 | 63 919 m³ |
| 2007 | 83 791 m³ |
| 2008 | 84 273 m³ |
| 2009 | 87 308 m³ |
| 2010 | 93 734 m³ |
| 2011 | 115 394 m³ |
| 2012 | 119 570 m³ |
| 2013 | 132 008 m³ |
| 2014 | 147 662 m³ |
| 2015 | 159 333 m³ |
| 2016 | 179 507 m³ |
| 2017 | 193 728 m³ |
| 2018 | 209 111 m³ |
| 2019 | 220 186 m³ |
| 2020 | 236 935 m³ |
| 2021 | 249 642 m³ |
| 2022 | 246 335 m³ |
| 2023 | 230 378 m³ |
| 2024 | 285 305 m³ |
| 2025 | 312 267 m³ |
Production des membres uniquement ; les autres procédés thermiques ne sont pas inclus. Cumul 2001–2025 : 3 596 161 m³. Source: International ThermoWood Association, statistiques de production ThermoWood 2025.
Nous n’avons trouvé aucune série de prix publique fiable pour les feuillus modifiés thermiquement ; cet article ne cite donc pas de prix. En règle générale, le prix dépend du bois brut, du traitement très consommateur d’énergie, de la perte de masse et de dimensions dans l’enceinte de traitement et du choix. Demandez des devis au m³ de produit fini et raboté, pas de bois brut.
Notre approche du bois d’extérieur et du bois modifié chez SARAL
Spécifier du bois modifié thermiquement : les questions à poser à votre fournisseur
- Procédé et classe. Quel procédé (ThermoWood, autre procédé thermique, acétylation, furfurylation) et, pour la modification thermique, quelle classe et quelle température maximale : Thermo-S ou Thermo-D, 185, 190 ou 212 °C.
- Essence et origine. Le frêne, le hêtre, le pin ou l’épicéa se comportent différemment ; demandez que l’essence figure sur les documents de livraison.
- Classe de durabilité et sa base. La classe EN 350, et si elle provient d’essais de laboratoire (CEN/TS 15083) ou d’essais de terrain, pour quelle classe d’emploi (EN 335).
- Données mécaniques. Résistance à la flexion, résistance au choc et dureté par rapport au bois non traité. Le bois thermo n’est pas classé pour la résistance, sauf si le fournisseur l’indique et peut le documenter.
- L’humidité à la livraison, généralement de 4 à 7 % pour le ThermoWood, et les tolérances dimensionnelles après traitement.
- Le classement au feu du produit et de la finition réels, si le projet a des exigences en matière d’incendie.
- Les fixations, la colle et la finition que le producteur a testées avec le produit.
- Le contrôle qualité. La production est-elle auditée par une tierce partie ? Les producteurs ThermoWood sont audités au moins une fois par an.2
Questions fréquentes
Quels sont les inconvénients du bois modifié thermiquement ?
Il est plus cassant que le bois non traité : la résistance à la flexion baisse, et les résistances au choc et au fendage chutent d’environ un quart à deux cinquièmes. Il ne convient ni aux structures porteuses ni au contact avec le sol, il grise au soleil sans finition, son acidité exige des fixations en inox, et certaines finitions adhèrent moins bien.1,2
Le frêne modifié thermiquement convient-il aux terrasses ?
Le frêne Thermo-D est classé en classe de durabilité 2 et convient à la classe d’emploi 3, à l’extérieur hors sol, ce qui inclut les terrasses. Utilisez des lames d’au moins 26 mm d’épaisseur, tenez-les à distance du sol avec une ventilation en dessous, et utilisez des vis en acier inoxydable.2
Faut-il huiler le bois modifié thermiquement ?
À l’extérieur, une finition est recommandée pour protéger contre les UV, l’humidité et l’érosion et conserver la couleur brune ; sans finition, le bois devient gris argenté. Évitez l’huile de lin, qui peut favoriser les moisissures, et scellez le bois de bout.2
Combien de temps dure le bois modifié thermiquement ?
Cela dépend de la classe et de l’usage. Les produits Thermo-D relèvent de la classe de durabilité 2, c’est-à-dire durable, pour un usage hors sol.2 L’Accoya acétylé bénéficie d’une garantie du fabricant de 50 ans hors sol et de 25 ans en contact avec le sol.10 Pour les produits thermiques, demandez au fournisseur quelle durée de service ou quelle garantie s’applique à votre classe d’emploi.
Le bois modifié thermiquement est-il la même chose que le bois de palette traité thermiquement ?
Non. Le traitement thermique NIMP 15 (ISPM 15) des emballages en bois exige seulement que le cœur du bois atteigne 56 °C pendant 30 minutes, pour tuer les ravageurs. La modification thermique se fait à 160–230 °C et modifie la chimie du bois.1,14
