Lames de terrasse en bois patinées, fixées par des rangées de vis en acier inoxydable

Une chaleur de 160 à 230 °C transforme le frêne, le hêtre ou le pin en un matériau d’extérieur stable et durable, mais elle rend aussi le bois plus cassant. Voici ce que fait le procédé, ce que disent les données sur le frêne thermo, comment se comparent le bois acétylé et le bois furfurylé, et comment spécifier du bois modifié.

Ce qu’est la modification du bois, et ce qu’elle n’est pas

La modification du bois transforme la paroi cellulaire du bois lui-même, de sorte qu’il absorbe moins d’eau et ne nourrit plus les champignons. C’est ce qui la distingue du traitement de préservation, qui ajoute un biocide devant rester dans le bois pour agir. Une planche modifiée peut être sciée, rabotée et profilée sans mettre à nu un cœur non traité, car la transformation touche toute la section.1,2

Trois familles de procédés existent sur le marché. La modification thermique n’utilise que la chaleur et domine de loin. L’acétylation fait réagir le bois avec de l’anhydride acétique, et la furfurylation remplit les parois cellulaires d’une résine à base d’alcool furfurylique. En Europe, le bois modifié thermiquement (TMT) est décrit par la CEN/TS 15679, une spécification technique qui définit le produit et ses caractéristiques pour des usages intérieurs et extérieurs comme le bardage, le parquet, les terrasses, la menuiserie et le meuble. En octobre 2026, il s’agit toujours d’une spécification technique de 2007 et non d’une norme EN à part entière, et elle renvoie les usages porteurs aux normes structurales.5

Comment fonctionne la modification thermique : chaleur, vapeur et très peu d’oxygène

Tous les procédés thermiques chauffent le bois bien au-delà des températures de séchage en tenant l’oxygène à l’écart, de sorte que le bois se transforme chimiquement sans brûler. La revue de Sandberg, Kutnar et Mantanis situe la plage de travail au-dessus de 160 °C et classe les procédés industriels selon la température, la durée et le milieu qui protège le bois.1

  • ThermoWood (Finlande) : 185–215 °C sous flux continu de vapeur à pression atmosphérique, 30 à 70 heures chauffe et refroidissement compris.
  • Plato (Pays-Bas) : une étape hydrothermique à 150–180 °C sous vapeur saturée, suivie d’une cuisson à 170–190 °C sous air chaud.
  • Rétification et Le Bois Perdure (France) : 160–240 °C sous azote avec au plus 2 % d’oxygène, ou 200–230 °C sous vapeur.
  • Traitement thermique à l’huile (Allemagne) : 180–220 °C dans de l’huile végétale chaude.
  • Thermo-vide (Italie) : 160–220 °C sous pression réduite.

Le procédé ThermoWood en trois phases

ThermoWood est le procédé le mieux documenté ; il sert donc d’exemple ici. En phase 1, l’enceinte est chauffée rapidement à 100 °C, puis progressivement jusqu’à la température de traitement ; le bois sèche jusqu’à une humidité nulle en chemin. En phase 2, la température est maintenue, à 212 °C pour les résineux nordiques en classe Thermo-D. En phase 3, des pulvérisations d’eau refroidissent la charge et la vapeur ramène l’humidité à 4–7 %, ce qui rend le bois de nouveau usinable. Un système de pilotage limite les paliers de température pour éviter que le bois ne se fende, avec des réglages propres à chaque essence et à chaque dimension.2

ThermoWood comporte deux classes de produits. Thermo-S (stabilité) traite les résineux à 190 °C et les feuillus à 185 °C. Thermo-D (durabilité) traite les résineux et les feuillus frêne, ayous et frake à 212 °C, chacun à ±3 °C près.2

Piles de bois déplacées devant les séchoirs de SARAL
Du bois devant les séchoirs de SARAL. Séchage et modification thermique sont des étapes différentes : une table de séchage de feuillus se termine bien en dessous des 160 °C où commence la modification thermique.

Ce que la chaleur fait à la paroi cellulaire

Le bois se compose de cellulose (40–50 %), d’hémicelluloses (25–35 %), de lignine (20–30 %) et de quelques pour cent d’extractibles. Les hémicelluloses se dégradent les premières, entre 200 et 260 °C ; la cellulose entre 240 et 350 °C. Pendant la chauffe, de l’acide acétique se forme à partir des hémicelluloses et accélère leur dégradation. Il en résulte une paroi cellulaire comportant moins de groupes hydroxyles qui absorbent l’eau et moins de la matière dont se nourrissent les champignons lignivores. Les feuillus contiennent plus d’hémicelluloses que les résineux et réagissent donc plus facilement.2

La même chimie abaisse le pH. Le ThermoWood mesure environ pH 4, contre 4,5 à 5 pour le bois non traité. Cela compte pour les finitions et les fixations métalliques, comme l’explique la section sur la mise en œuvre du bois modifié.2

Ce qui change : humidité, mouvements, couleur et poids

Le principal avantage est une moindre reprise d’humidité. En moyenne, la modification thermique divise environ par deux l’humidité d’équilibre, c’est-à-dire le niveau d’humidité auquel le bois se stabilise dans un climat donné, et réduit d’autant le gonflement et le retrait.1 Des mesures du VTT sur de l’épicéa traité à 220 °C ont montré une humidité d’équilibre divisée par deux, l’écart se creusant aux humidités élevées. Comme les champignons lignivores ont besoin d’une humidité du bois supérieure à environ 20 %, les producteurs soulignent que le bois modifié thermiquement reste nettement en dessous de ce seuil quelle que soit l’humidité de l’air.2

D’autres changements découlent du même procédé.

  • Plus léger. La perte de masse peut atteindre environ 20 %, selon le procédé.1 Dans les essais ThermoWood, le frêne est passé de 625 kg/m³ à 554 kg/m³ en classe Thermo-D.2
  • Plus petit. Une planche nominale de 25 × 125 mm ressort environ 3 % plus petite, à 24 × 121 mm, car le bois est séché presque à zéro.2
  • Brun à cœur. La couleur traverse toute la planche, si bien qu’une surface rabotée ou sciée est identique à la face. Au soleil, les planches non protégées grisent comme n’importe quel bois.2
  • Plus isolant. Les résineux nordiques modifiés thermiquement conduisent la chaleur 20 à 25 % moins que le bois non traité.2
  • Une odeur, mais moins d’émissions. Le bois traité a une odeur de fumée. Le VTT a mesuré des composés organiques volatils totaux de 1 486 µg/m²h pour le pin non traité, 828 après traitement à 180 °C et 235 après traitement à 230 °C.2
≈½humidité d’équilibre après modification thermique1,2
212 °Ctempérature ThermoWood Thermo-D pour le frêne2
pH ≈ 4bois modifié thermiquement, contre 4,5–5 non traité2

Ce que cela coûte en résistance

La chaleur qui élimine les hémicelluloses rend aussi le bois plus cassant. La littérature de synthèse s’accorde sur le sens : la résistance à la flexion baisse, la rigidité change peu, et la résistance au choc et la dureté diminuent.1 Le manuel ThermoWood donne des chiffres pour le frêne, mesurés sur de petites éprouvettes sans défaut selon la DIN 52186. Le frêne non traité avait une résistance à la flexion de 112 N/mm². Après traitement Thermo-S, elle était de 106,9 N/mm², après Thermo-D de 90,6 N/mm², et après traitement à 220 °C de 75,9 N/mm². Le module d’élasticité est resté égal ou légèrement supérieur à la valeur du bois non traité.2

Frêne modifié thermiquement comparé au frêne non traitéPropriété en % du frêne non traité (= 100). Notre calcul à partir des moyennes d’essais ThermoWood ; espèce de frêne non précisée
Thermo-S (185 °C)Thermo-D (212 °C)220 °C
Masse volumique
90 %
89 %
84 %
Résistance à la flexion
95 %
81 %
68 %
Module d’élasticité
112 %
110 %
107 %
Dureté Brinell (radiale)
88 %
79 %
73 %
Voir les données
Thermo-S (185 °C)Thermo-D (212 °C)220 °C
Masse volumique90 %89 %84 %
Résistance à la flexion95 %81 %68 %
Module d’élasticité112 %110 %107 %
Dureté Brinell (radiale)88 %79 %73 %

Référence non traitée : 625 kg/m³, résistance à la flexion de 112,0 N/mm², module d’élasticité de 12 056 N/mm², dureté Brinell de 35,13 N/mm². Source: International ThermoWood Association (2021), ThermoWood Handbook, tableaux 5, 6 et 9 (flexion et rigidité selon la DIN 52186 sur éprouvettes de 20 × 20 × 360 mm ; dureté selon l’EN 1534).

D’autres résistances baissent davantage. Dans des essais rapportés par les producteurs, la résistance à la flexion dynamique (choc) de l’épicéa traité à 220 °C a chuté d’environ 25 %, et la résistance au fendage de l’épicéa, du pin et du bouleau de 30 à 40 %. La résistance au cisaillement a baissé jusqu’à 40 % après un traitement à 230 °C. La résistance à la compression parallèle au fil, en revanche, n’a pas diminué.2

La règle pratique est claire. Le ThermoWood n’est pas vendu comme bois classé pour la résistance, et ses producteurs indiquent qu’il ne doit pas être utilisé pour des structures porteuses.2 Une étude suisse sur du hêtre modifié thermiquement de production industrielle est arrivée à une conclusion semblable : la plupart des résistances baissaient nettement alors que la rigidité ne baissait pas, le matériau rompait de façon fragile avec une forte dispersion, et les auteurs ne recommandaient pas le hêtre fortement modifié pour un usage structural général.6 Pour les pièces de meuble, cela signifie des sections généreuses, de la prudence avec les tenons minces et le fil court, et pas de bois thermo dans les pièces qui subissent des chocs, comme les pieds de chaise.

Durabilité : de la classe 5 à la classe 2 de l’EN 350

L’EN 350 classe la durabilité naturelle du bois vis-à-vis des champignons lignivores en cinq classes, de 1 (très durable) à 5 (non durable). Les essais de laboratoire qui la sous-tendent comprennent la CEN/TS 15083-1 pour les basidiomycètes lignivores et la CEN/TS 15083-2 pour les champignons de pourriture molle dans le sol.7 L’EN 335 définit les classes d’emploi, de 1 (intérieur, sec) à 5 (en eau de mer).8

Le frêne et le hêtre non traités sont en classe 5. Le manuel ThermoWood place le frêne, le pin et l’épicéa Thermo-D en classe de durabilité 2, adaptée à la classe d’emploi 3 : à l’extérieur, exposé aux intempéries mais sans contact avec le sol, comme pour le bardage et les aménagements de jardin. Les produits Thermo-S se situent en classe 3, pour un usage sous abri, comme les saunas et le mobilier extérieur couvert. Le manuel ne recommande aucun produit ThermoWood pour un contact direct avec le sol ou l’eau.2

La recherche indépendante montre à quel point tout dépend de l’intensité du traitement. Dans une étude française sur le frêne (Fraxinus excelsior) modifié à 170–228 °C, seuls les traitements au-delà de 215 °C, avec environ 20 % de perte de masse, ont atteint « durable » ou « très durable » dans un essai en terre. Les essais de laboratoire avec des champignons de pourriture ont donné des classes légèrement meilleures que l’essai en terre, et aucun traitement n’a protégé le frêne contre les termites.9 Pour un acheteur, cela signifie qu’une allégation de durabilité ne vaut que par le niveau de traitement et l’essai qui la fondent.

Face aux insectes courants en Europe, les producteurs font état d’une bonne résistance : les essais ont montré le ThermoWood résistant aux capricornes, à la petite vrillette et au lyctus Lyctus brunneus.2

Frêne thermo, hêtre thermo ou chêne thermo ?

Tous les feuillus ne gagnent pas autant à la chaleur. Le frêne est le feuillu le plus souvent modifié thermiquement en Europe. Sa structure ouverte prend le traitement de manière homogène, la couleur brune lui va bien, et notre guide du bois de frêne explique pourquoi le frêne non traité doit rester à l’intérieur. Le manuel ThermoWood cite le frêne dans les deux classes et donne pour lui les données de propriétés les plus complètes.2

Le hêtre est un candidat parce qu’il est abondant et bon marché, et non traité il est en classe 5, comme l’explique notre guide du bois de hêtre. Sa forte teneur en hémicelluloses le fait réagir fortement, et l’étude structurale citée plus haut montre à quel point le hêtre fortement traité devient cassant.6 Le hêtre thermo convient aux terrasses, au bardage et aux accessoires où les marges de résistance sont larges ; c’est le mauvais matériau pour les pièces structurales ou soumises à des chocs.

Le bois de cœur du chêne est déjà durable sans traitement. La chaleur modifie sa couleur et sa stabilité, mais le gain de durabilité compte moins que pour le frêne ou le hêtre, et les données ThermoWood publiées ne couvrent pas le chêne. Si vous achetez du chêne thermo, demandez ce que le traitement doit apporter et sur quel essai repose la classe annoncée.

Piles d’ébauches et de lamelles de feuillus débitées chez SARAL
Ébauches de feuillus débitées chez SARAL. Le hêtre et le frêne non traités sont en classe 5 de l’EN 350 et restent à l’intérieur ; c’est la chaleur ou la chimie qui les rend aptes à l’extérieur.

Le bois acétylé : Accoya

L’acétylation fait réagir le bois avec de l’anhydride acétique, qui remplace les groupes hydroxyles hydrophiles de la paroi cellulaire par des groupes acétyles et laisse de l’acide acétique comme sous-produit. Accoya, le principal produit commercial, atteint un gain de masse en acétyles d’environ 20 %, et le gonflement et le retrait baissent de 70 à 80 % par rapport au bois non traité. Les essences utilisées sont le pin radiata et l’aulne.1

La fiche technique du fabricant pour l’Accoya en pin radiata donne les valeurs suivantes :3

  • Durabilité : classe 1 de l’EN 350. Le fabricant indique que la classe 1 a été atteinte aussi bien dans l’essai de laboratoire court que dans les essais de terrain de longue durée.3,10
  • Humidité : humidité d’équilibre de 3 à 5 % à 65 % d’humidité relative et 20 °C.
  • Mouvements : de l’état saturé à l’état anhydre, 0,7 % en radial et 1,5 % en tangentiel. Le même guide indique 3,4 % et 7,9 % pour le pin radiata non traité.3,10
  • Masse volumique : 510 kg/m³ en moyenne, dans une plage de 400 à 600 kg/m³.
  • Résistance : la qualité A1 est classée C22 et la A2 C16 ; contrairement au ThermoWood, l’Accoya classé peut donc être utilisé en structure.
  • Garantie : 50 ans hors sol, 25 ans en contact avec le sol et l’eau douce.10

L’Accoya contient un peu d’acide acétique résiduel, au plus 1,0 % en moyenne selon le contrôle qualité du fabricant, et le bois humide a un pH de 4 à 5,5. Le fabricant recommande des fixations en acier inoxydable selon l’EN 10088-1, comme A2 ou A4, et indique que l’acier galvanisé et les alliages de zinc ne résistent pas à la corrosion à son contact. Pour le collage, les colles PU, EPI, époxy et PRF donnent les meilleurs résultats, les résultats avec la PVAc varient fortement, et la MUF est à éviter.3,10

Le bois furfurylé : Kebony

La furfurylation imprègne le bois d’alcool furfurylique, un liquide produit à partir de déchets agricoles comme la canne à sucre et les rafles de maïs, puis le polymérise à l’intérieur de la paroi cellulaire. À un taux modéré de 30 à 35 % de gain de masse, le bois atteint la classe de durabilité 1. Il devient plus dur et plus rigide, mais aussi plus cassant, avec une résistance au choc plus faible.1

La fiche technique du Kebony Clear, en pin radiata, le compare au bois non traité : masse volumique de 670 contre 480 kg/m³, dureté Brinell de 4,2 contre 2,5, gonflement tangentiel maximal de l’état sec à l’état humide de 4 % contre 8 %, et classe de durabilité 1 contre 5, pour la classe d’emploi 3 hors sol.4 Le Kebony Character est fabriqué en pin sylvestre et contient du bois de cœur non traité. Son aubier atteint la classe 1–2, son bois de cœur reste en classe 3, et le fabricant déconseille de le refendre ou de l’usiner davantage, car cela met à nu du bois non traité.11

Bois modifié thermiquement, acétylé et furfurylé côte à côteDonnées publiées par les producteurs ; les valeurs concernent les produits cités, pas tous les produits de chaque type
Modifié thermiquement (ThermoWood Thermo-D)Acétylé (Accoya)Furfurylé (Kebony Clear)
ProcédéChaleur à 212 °C sous vapeur, sans produit chimiqueRéaction avec l’anhydride acétiqueImprégnation d’alcool furfurylique, polymérisé dans le bois
EssencesPin, épicéa, frêne, ayous, frakePin radiataPin radiata
Classe de durabilité EN 350211
Masse volumiqueInférieure au bois non traité (frêne : 554 contre 625 kg/m³)510 kg/m³ en moyenne670 kg/m³ (non traité : 480)
MouvementsHumidité d’équilibre environ divisée par deuxDe l’état saturé à l’état anhydre : 0,7 % en radial, 1,5 % en tangentielGonflement tangentiel max. de 4 % (non traité : 8 %)
RésistancePlus faible ; pas d’usage porteurClassé A1 = C22, A2 = C16Plus dur, mais plus cassant
FixationsRésistantes aux acides ou en acier inoxydableAcier inoxydable A2 ou A4Selon les prescriptions du producteur

Source: International ThermoWood Association (2021), ThermoWood Handbook ; Accsys (2020), fiche technique Accoya et Wood Information Guide V3.9 ; Kebony Norge (2022), fiche produit Kebony Clear ; Sandberg, Kutnar & Mantanis (2017).

Où l’on utilise le bois modifié, et où on ne l’utilise pas

Le manuel ThermoWood cite le lambris intérieur, les sols, les agencements, le meuble et les pièces humides intérieures comme usages pour toutes les classes. Le Thermo-D y ajoute le bardage extérieur, les terrasses et platelages, le mobilier de jardin, les volets extérieurs, les clôtures et les pergolas.2 Les épaisseurs minimales recommandées sont de 19 mm pour le bardage extérieur, 26 mm pour les lames de terrasse, 14 mm pour le lambris intérieur et 26 mm pour les lames de plancher.2

  • Le bardage et les terrasses sont le marché principal. Notre article sur le bardage et le lambris en bois traite des façades ventilées et explique pourquoi une planche traitée thermiquement a besoin de son propre classement au feu.
  • Les saunas utilisent des planches Thermo-S ; le manuel recommande une huile minérale pour les parois, les plafonds et les bancs de sauna.2
  • Les fenêtres et les portes profitent des faibles mouvements et de la conductivité thermique plus basse. Pour les cadres porteurs, seul un matériau classé pour la résistance, comme l’Accoya classé, convient.2,3
  • Ne conviennent pas : les éléments structuraux en ThermoWood, le contact avec le sol et l’eau en ThermoWood, et toute pièce qui doit absorber des chocs.2
Sauna avec des bancs et un plancher en bois brun foncé, un poêle à pierres et une longue fenêtre
Un sauna avec des bancs et un plancher brun foncé. L’intérieur des saunas est l’un des usages classiques des planches modifiées thermiquement.

La modification ne rend pas le bois résistant au feu. L’Accoya est en Euroclasse D, comme la plupart des résineux.3 Avec un traitement ignifuge, le ThermoWood peut atteindre la classe C ou B, au mieux B-s1,d0.2

Mettre en œuvre le bois modifié thermiquement : usinage, collage, finition et fixation

Usinage et stockage

Le bois thermo s’usine comme un feuillu dur et cassant. Des lames de scie à denture fine limitent les éclats, les rouleaux d’entraînement de la raboteuse demandent une pression plus faible, et le fraisage à contre-fil arrache facilement. La poussière est fine et sèche : l’aspiration doit être efficace et le port d’un masque respiratoire est obligatoire.2 Stockez les planches au sec, à plat et hors sol, et laissez-leur le temps d’atteindre l’humidité du lieu où elles seront posées : quelques jours à l’intérieur, des semaines ou des mois à l’extérieur en hiver.2

Collage

Le bois modifié thermiquement absorbe l’eau lentement. Avec les colles PVAc, la teneur en eau de la colle doit rester faible, et les temps de pressage et de séchage peuvent devoir être allongés. Les colles PU monocomposant durcissent avec l’humidité : un bois thermo très sec peut donc nécessiter d’humidifier ses surfaces. Les colles résorcine (RF) et EPI ont aussi donné de bons résultats.2 Notre guide des colles à bois traite ces familles de colles en détail.

Finition

Les faibles mouvements aident les finitions à durer, mais l’acidité et la faible absorption font que certaines finitions, notamment certaines en phase aqueuse, adhèrent mal. Un ponçage au grain P100 ou un brossage de la surface peut améliorer l’adhérence. Le manuel déconseille l’huile de lin, qui peut favoriser le développement de champignons, et recommande de sceller les bouts coupés.2 Notre comparaison des finitions à l’huile et au vernis présente les options pour les feuillus non traités.

Fixations

Comme le bois est acide, le manuel ThermoWood préconise des fixations résistantes aux acides ou en acier inoxydable. La tenue des vis dépend davantage de la masse volumique que du traitement, et dans le matériau plus léger des avant-trous plus petits ont donné de meilleurs résultats.2 Pour le bois acétylé, les règles du fabricant sont plus strictes, comme décrit plus haut.10

Mains gantées vissant de nouvelles lames de terrasse avec une visseuse sans fil à côté d’un tronc d’arbre
Vissage de lames de terrasse. Avec le bois modifié thermiquement, les vis doivent être en inox ou résistantes aux acides, car le bois est acide.

Le marché : quelle quantité de bois modifié est produite

Une revue de 2020 estimait la production mondiale de bois modifié thermiquement à 1,11 million de m³ par an, celle de bois acétylé à 120 000 m³ et celle de bois furfurylé à 45 000 m³, plus environ 330 000 m³ issus de procédés à base de résine et d’autres procédés : environ 1,6 million de m³ au total, selon notre somme.12

Production mondiale de bois modifié par procédéMilliers de m³ par an, estimation publiée en 2020
Modification thermique
1 110 milliers de m³
À base de résine et autres
330 milliers de m³
Acétylation
120 milliers de m³
Furfurylation
45 milliers de m³
Voir les données
Production
Modification thermique1 110 milliers de m³
À base de résine et autres330 milliers de m³
Acétylation120 milliers de m³
Furfurylation45 milliers de m³

Les 330 000 m³ des autres procédés sont donnés comme un chiffre approximatif. Source: Jones, D. & Sandberg, D. (2020), A review of wood modification globally: updated findings from COST FP1407, Interdisciplinary Perspectives on the Built Environment 1.

Les membres de l’International ThermoWood Association publient leur production chaque année. Elle est passée de 18 799 m³ en 2001 à 312 267 m³ en 2025, soit 9,5 % de plus qu’en 2024. En 2025, 74 % sont allés vers des pays de l’UE autres que la Finlande, 94 % ont été produits en classe Thermo-D, et le pin et l’épicéa représentaient 84 % de la matière première. Les autres essences, dont le frêne, l’ayous et le frake, représentaient 47 465 m³ ; le frêne comptait pour un quart de ce groupe.13

Production de ThermoWood des membres de l’International ThermoWood Associationm³ par an, 2001–2025
0100 000200 000300 000400 0002001200320052007200920112013201520172019202120232025312 267 m³
Voir les données
AnnéeProduction de ThermoWood
200118 799 m³
200224 605 m³
200325 797 m³
200434 968 m³
200541 607 m³
200663 919 m³
200783 791 m³
200884 273 m³
200987 308 m³
201093 734 m³
2011115 394 m³
2012119 570 m³
2013132 008 m³
2014147 662 m³
2015159 333 m³
2016179 507 m³
2017193 728 m³
2018209 111 m³
2019220 186 m³
2020236 935 m³
2021249 642 m³
2022246 335 m³
2023230 378 m³
2024285 305 m³
2025312 267 m³

Production des membres uniquement ; les autres procédés thermiques ne sont pas inclus. Cumul 2001–2025 : 3 596 161 m³. Source: International ThermoWood Association, statistiques de production ThermoWood 2025.

Nous n’avons trouvé aucune série de prix publique fiable pour les feuillus modifiés thermiquement ; cet article ne cite donc pas de prix. En règle générale, le prix dépend du bois brut, du traitement très consommateur d’énergie, de la perte de masse et de dimensions dans l’enceinte de traitement et du choix. Demandez des devis au m³ de produit fini et raboté, pas de bois brut.

Notre approche du bois d’extérieur et du bois modifié chez SARAL

Spécifier du bois modifié thermiquement : les questions à poser à votre fournisseur

  1. Procédé et classe. Quel procédé (ThermoWood, autre procédé thermique, acétylation, furfurylation) et, pour la modification thermique, quelle classe et quelle température maximale : Thermo-S ou Thermo-D, 185, 190 ou 212 °C.
  2. Essence et origine. Le frêne, le hêtre, le pin ou l’épicéa se comportent différemment ; demandez que l’essence figure sur les documents de livraison.
  3. Classe de durabilité et sa base. La classe EN 350, et si elle provient d’essais de laboratoire (CEN/TS 15083) ou d’essais de terrain, pour quelle classe d’emploi (EN 335).
  4. Données mécaniques. Résistance à la flexion, résistance au choc et dureté par rapport au bois non traité. Le bois thermo n’est pas classé pour la résistance, sauf si le fournisseur l’indique et peut le documenter.
  5. L’humidité à la livraison, généralement de 4 à 7 % pour le ThermoWood, et les tolérances dimensionnelles après traitement.
  6. Le classement au feu du produit et de la finition réels, si le projet a des exigences en matière d’incendie.
  7. Les fixations, la colle et la finition que le producteur a testées avec le produit.
  8. Le contrôle qualité. La production est-elle auditée par une tierce partie ? Les producteurs ThermoWood sont audités au moins une fois par an.2

Questions fréquentes

Quels sont les inconvénients du bois modifié thermiquement ?

Il est plus cassant que le bois non traité : la résistance à la flexion baisse, et les résistances au choc et au fendage chutent d’environ un quart à deux cinquièmes. Il ne convient ni aux structures porteuses ni au contact avec le sol, il grise au soleil sans finition, son acidité exige des fixations en inox, et certaines finitions adhèrent moins bien.1,2

Le frêne modifié thermiquement convient-il aux terrasses ?

Le frêne Thermo-D est classé en classe de durabilité 2 et convient à la classe d’emploi 3, à l’extérieur hors sol, ce qui inclut les terrasses. Utilisez des lames d’au moins 26 mm d’épaisseur, tenez-les à distance du sol avec une ventilation en dessous, et utilisez des vis en acier inoxydable.2

Faut-il huiler le bois modifié thermiquement ?

À l’extérieur, une finition est recommandée pour protéger contre les UV, l’humidité et l’érosion et conserver la couleur brune ; sans finition, le bois devient gris argenté. Évitez l’huile de lin, qui peut favoriser les moisissures, et scellez le bois de bout.2

Combien de temps dure le bois modifié thermiquement ?

Cela dépend de la classe et de l’usage. Les produits Thermo-D relèvent de la classe de durabilité 2, c’est-à-dire durable, pour un usage hors sol.2 L’Accoya acétylé bénéficie d’une garantie du fabricant de 50 ans hors sol et de 25 ans en contact avec le sol.10 Pour les produits thermiques, demandez au fournisseur quelle durée de service ou quelle garantie s’applique à votre classe d’emploi.

Le bois modifié thermiquement est-il la même chose que le bois de palette traité thermiquement ?

Non. Le traitement thermique NIMP 15 (ISPM 15) des emballages en bois exige seulement que le cœur du bois atteigne 56 °C pendant 30 minutes, pour tuer les ravageurs. La modification thermique se fait à 160–230 °C et modifie la chimie du bois.1,14

Sources et références

  1. Sandberg, D., Kutnar, A. & Mantanis, G. (2017). Wood modification technologies: a review. iForest: Biogeosciences and Forestry 10(6), 895–908. iforest.sisef.org
  2. International ThermoWood Association (2021). ThermoWood Handbook. Helsinki: International ThermoWood Association. asiakas.kotisivukone.com
  3. Accsys Technologies (2020). Accoya wood: data sheet. Titan Wood Ltd. internationaltimber.com
  4. Kebony Norge AS (2022). Product datasheet: Kebony Clear, item no. 1935. 15 February 2022. admincontent.bimobject.com
  5. CEN/TS 15679:2007. Thermal modified timber: definitions and characteristics. Brussels: CEN (published in Germany as DIN CEN/TS 15679:2008). dinmedia.de
  6. Widmann, R., Fernandez-Cabo, J. L. & Steiger, R. (2012). Mechanical properties of thermally modified beech timber for structural purposes. European Journal of Wood and Wood Products 70(6), 775–784. doi.org
  7. EN 350:2016. Durability of wood and wood-based products: testing and assessment of the durability of wood and wood-based materials against biological agents. Brussels: CEN. Laboratory methods in CEN/TS 15083-1 and CEN/TS 15083-2.
  8. EN 335:2013. Durability of wood and wood-based products: use classes; definitions, application to solid wood and wood-based products. Brussels: CEN.
  9. Candelier, K., Hannouz, S., Thévenon, M.-F., Guibal, D., Gérardin, P., Pétrissans, M. & Collet, R. (2017). Resistance of thermally modified ash (Fraxinus excelsior L.) wood under steam pressure against rot fungi, soil-inhabiting micro-organisms and termites. European Journal of Wood and Wood Products 75(2), 249–262. doi.org
  10. Accsys Technologies (2020). Accoya Wood Information Guide, version 3.9. Titan Wood Ltd. internationaltimber.com
  11. Kebony Norge AS (2022). Product datasheet: Kebony Character beam, item no. 1174. 17 February 2022. admincontent.bimobject.com
  12. Jones, D. & Sandberg, D. (2020). A review of wood modification globally: updated findings from COST FP1407. Interdisciplinary Perspectives on the Built Environment 1. doi.org
  13. International ThermoWood Association. Key figures in production: production statistics 2025. Helsinki. Accessed 24 October 2026. asiakas.kotisivukone.com
  14. IPPC (2019). ISPM 15: Regulation of wood packaging material in international trade. Rome: FAO, International Plant Protection Convention. ippc.int

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Article rédigé par l’équipe SARAL à Bălțați (județ de Iași, Roumanie), où nous transformons le hêtre, le chêne et le frêne depuis 1998 : sciage, séchage, optimisation, aboutage, panneaux, CNC et chaises. Les chiffres proviennent des sources citées ; lorsque nous décrivons notre propre pratique, nous le précisons.

Relecture technique : Gabriel Colceriu, Directeur technique

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